L’Armorique

Armorique est un nom d’origine gauloise qui désigne depuis l’Antiquité le territoire situé entre la Loire et la Seine. Cette partie maritime de la Gaule avec son arrière-pays se nommait alors en gaulois Aremorica « le pays qui fait face à la mer », le pays des Aremorici « ceux qui habitent  près de la mer » : Armorica est la latinisation de ce terme.

Elle aurait été   peuplée par sept tribus gauloises dont Jules César donne la liste. Mais il ne mentionne ni les Vénètes (région de Vannes) ni les Namnètes (région de Nantes), peuples qu’il connaît pourtant bien. Il s’ensuit que l’Armorique de César ne recouvre pas exactement le futur duché de Bretagne: il s’étend plus à l’est et moins au sud et concerne uniquement les rivages de la Manche.

 

Après la conquête, l’empire romain n’a pas repris cette division dans son découpage provincial (Belgique, Lyonnaise, Aquitaine) de la Gaule. Mais en 391, face aux menaces venues de la mer,  un secteur militaire est créé, le Tractus armoricanus comprenant les territoires littoraux de l’embouchure de la Somme à celle de la Loire. Commandé par un duc, sa flotte  assure la défense des côtes de la Manche contre la piraterie saxonne.

 

La petite Bretagne

Pour renforcer la défense de l’Armorique contre les pirates scots, frisons et saxons, l’administration romaine fait appel à des légionnaires bretons. au IVe siècle qui arrivent avec leurs familles.

Puis au début du Ve siècle, l’armée romaine quitte la Bretagne insulaire. Pictes, Scots, Jutes, Angles et Saxons submergent l’île et provoquent un fort mouvement migratoire. Des communautés entières, accompagnées de leurs responsables politiques et religieux traversent la Manche. Ce mouvement est facilité par les liens commerciaux anciens et la parenté linguistique. Il entraîne , à l’ouest, la formation de nouveaux royaumes et  principautés bretonnes,  calqués souvent sur leur territoires d’origine, aux dépens des populations celtes autochtones.

La terre des Bretons était à l’origine l’île de Bretagne, en latin Britannia ; par la suite, un glissement sémantique dans la langue continentale aboutit au report de ce nom de « Bretagne » sur la Gaule armoricaine, puisqu’elle était peuplée de Bretons.

Pour éviter la confusion engendrée par ce transfert, on se mit à parler sur le continent de Bretagne insulaire, ou Grande Bretagne pour l’île d’origine, et de Petite Bretagne pour la zone continentale.

La Bretagne

Ces royaumes bretons réussissent à se maintenir à l’écart de l’expansion franque mérovingienne puis passent sous tutelle carolingienne. Nominoë, d’abord légat de l’empereur ,se fait reconnaitre roi par le pape en 849; le royaume restant toutefois subordonné à l’empire. Le pays est dévasté par les Normands au cours du Xe siècle. Alain Barbetorte entreprend la reconquête et soutenu par le duc capétien Hugues le grand devient duc de Bretagne en 938.

Le duché s’est trouvé, au fil des siècles, dans les zones d’influence du duché de Normandie, du royaume de France et du royaume d’Angleterre. À plusieurs reprises, les ducs ont essayé de se détacher de ces influences et prendre leur indépendance vis-à-vis des puissances convoitant le Duché. Suite aux mariages de la duchesse Anne avec les rois de France Charles VIII et Louis XII, l’union du duché de Bretagne et du royaume de France est proclamée en 1532.

La nouvelle province française garde cependant une grande autonomie et ses privilèges jusqu’à la Révolution française de 1789.