Première étape: 1926-1939

Un projet apparait à partir de septembre 1926. Il est porté par l’Union électrique du Finistère, créée l’année précédente pour l’électrification des campagnes avec le soutien de la Compagnie d’électricité de Brest mise en place dès 1911 pour l’éclairage public.
Le projet est ambitieux mais dépasse totalement les possibilités financières de la commune malgré des remaniements successifs et la possibilité depuis 1923, d’obtenir un prêt de la part de la Caisse nationale de Crédit Agricole « pour faciliter l’électrification des campagnes ».
Avec le soutien du Génie rural, un nouveau projet apparait à l’été 1927, envisageant la création d’un syndicat cantonal. Le projet porte sur Kerscao et le Bourg ; il obtient l’aval du conseil municipal le 11 septembre :
Participation au syndicat pour des dépenses de 19 000 F (réseau syndical) + 24 000 F (réseau communal du bourg et Kerscao) + imposition spéciale annuelle dans le budget de 5 cts pour les frais de gestion (rôle des contributions directes). Recours à l’emprunt pour 44 000 F.
Suite à l’adhésion de 9 communes, le syndicat intercommunal d’électrification de Saint Renan est créé en 1928. La commune de Locmaria décide en août de financer les travaux par un emprunt de 44 000 F à 5% souscrit sur 30 ans auprès de particuliers (44 obligations de 1 000 Francs).

Ce nouveau confort au bourg est très apprécié. D’autres secteurs de la commune veulent en profiter :
1930, Jules Péan, électricien-mécanicien à la station télégraphique de Déolen, installe un groupe électrogène à Brendégué vras.
1932, demande d’électrification à la municipalité par le quartier de Porsmilin. Rejet.
1934, extension du réseau du bourg, de Ty Varlaes à Keralaurent, pour 5 680 F. Nouveau refus pour Porsmilin.
1935, électrification de la mairie.
1936, projet d’électrification pour Porsmilin, Tregana, Kerfily, Kerveguen, Kerillo, Keriscoualc’h  et Kerelleau. Il est ajourné au début de 1937.
En 1941, 137 exploitations sur 156 ne bénéficient pas encore de l’électricité. La guerre contraint la municipalité à reporter tous les projets d’autant plus que les emprunts sont désormais interdits « sauf s’ils ont un intérêt primordial pour la défense nationale ».

Le transformateur de Queleren

Reprise et fin des travaux: 1947-1962

La guerre terminée, les travaux peuvent progressivement  reprendre en fonction des programmes d’aménagement sélectionnés par les services de l’Etat.
Les lignes BT et MT quadrillent le secteur permettant l’extension des installations particulières : Pen ar prat est équipé en 1950 comme Keriscoualc’h, Porsmilin en 1954, Pont-Rohel en 1955, Kervasdoué en 1956, Brendégué  et Keruzas en 1957, Kervezeon en 1961. Kervao  et Kerlannou seront les derniers servis car Paul Lareur, conseiller général et maire de Plouzané,  avait décidé que sa maison serait équipée après toute sa commune or elle dépendait du transformateur de Kerlannou.

La commune peut se lancer alors dans un nouveau programme d’aménagement pour l’adduction d’eau en 1960-1962 et à l’issue des travaux, le confort moderne, enfin à la disposition de tous, est célébré lors de la grande fête de l’eau et la lumière en mai 1962.

Dans le cadre du syndicat d’électrification de Saint Renan,  les différents travaux d’aménagement sont confiés à la société parisienne  L’entreprise industrielle, qui avait une antenne à Landerneau, sous le contrôle des Ponts et chaussées. Une bonne partie des ouvriers sont logés au Café de la place chez Gaby Leizour  et s’y restaurent ainsi que chez Joncqueur.
Les travaux bénéficient de subventions départementales ou nationales mais l’essentiel est payé par des emprunts consentis aux communes par le Crédit foncier ou la Caisse des dépôts et consignations.
L’entreprise industrielle est une filiale indépendante « construction » de l’énergie industrielle qui participe à la création d’EDF en 1945. Ce groupe fait maintenant partie d’INEO GDF SUEZ depuis une quinzaine d’années.